
Conduire avec un TND au long de la vie : attention aux comorbidités !
Conduire avec un TND au long de la vie : attention aux comorbidités !
Occitadys a rencontré Claire, 52 ans, qui vit avec une dysphasie et une dyslexie et a accepté de témoigner de son expérience avec la conduite automobile :
« Quand j'étais petite, je dormais tout le temps, je disais les mots à l'envers, et j’avais aussi des difficultés à l’écrit.
-Comment s’est passé votre apprentissage de la conduite ?
J’ai passé l’examen de conduite 2 fois et au bout de la 2nde fois, mes parents ont pensé que c'était mieux que je fasse la conduite accompagnée. Par la suite, j'ai mis plus ou moins longtemps à conduire. J'avais du mal à conduire avec une boîte manuelle, j'ai pris une voiture avec boîte automatique qui m'a bien simplifiée la vie.
A 25 ans, on m’a diagnostiqué une épilepsie. J’avais des absences. J’ai commencé un traitement. Depuis que je suis traitée, je suis plus réceptive qu’avant. Pour pouvoir conduire, il a fallu que je voie le médecin expert. Il vous fait plusieurs tests différents : pour la vue, pour la concentration et pour voir si on est cohérent. Après, il nous signe un certificat qu’on va montrer à la préfecture.
-Devez-vous faire cet examen régulièrement ?
Tous les 4 ans. C'est payant, autour d’une trentaine d'euros.
-Aujourd'hui, comment se passe la conduite pour vous ?
Je me fatigue beaucoup. La dernière fois, je me suis endormie au volant ou presque : je suis toujours debout mais la voiture est à la casse. Je me demande si je fais des apnées du sommeil donc j'ai arrêté la conduite jusqu'à ce que je puisse faire le test.
-Est-ce que vous auriez des conseils pour quelqu'un qui voudrait conduire avec un trouble du neuro développement ?
Oui, ce qui m'a beaucoup apporté, c'est la boite automatique.
-D'accord, et y-a-t-il des choses à éviter ?
Eviter de conduire quand on ne se sent pas de conduire ! »
-Passer le permis de conduire
L’évaluation des aptitudes à conduire est la même pour tous les candidats. Cependant des aménagements matériels des épreuves de l'examen du permis de conduire sont possibles (modalités de communication, véhicule aménagé…).
2 situations sont à distinguer :
- En cas de simples troubles dys, vous pouvez passer le code dans des séances spécifiques à condition de fournir l'un des 3 justificatifs suivants :
- Reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH) ou reconnaissance de handicap obtenue auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et un diagnostic de dyslexie et/ou de dysphasie et/ou de dyspraxie
- Reconnaissance d'aménagements aux épreuves nationales de l'éducation nationale pour troubles de l'apprentissage du langage écrit, du langage oral et/ou écrit et/ou de l'acquisition de la coordination
- Certificat médical délivré depuis moins de 6 mois attestant d'un trouble spécifique du langage et/ou de la lecture et/ou de l'acquisition de la coordination et nécessitant un aménagement des conditions de passage de l'épreuve théorique générale.
-Les aménagements proposés pour la passation du code sont la relecture des consignes à voix haute par l’un des inspecteurs et du temps supplémentaire pour répondre aux questions. L'épreuve pratique peut être adaptée en fonction de vos besoins, par exemple avec un dispositif de communication spécifique.
-En cas d’affection et/ou d’un handicap susceptible d’être incompatible avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ou de donner lieu à la délivrance d’un permis de conduire de validité limitée, un contrôle médical est nécessaire.
Si vous êtes dans cette situation, vous (ou votre auto-école) devez le déclarer lors de votre inscription. Vous devrez alors passer devant la commission des permis de conduire de la préfecture (coût 50 € non remboursé par la sécurité sociale, gratuit pour les personnes ayant une incapacité de plus de 50% reconnue par la MDPH).
La commission peut vous déclarer apte à la conduite, avec la possibilité d'une demande d'aménagement du véhicule (dispositifs de commande adaptés, véhicules à changement de vitesse automatique…) ainsi que d'éventuelles décisions (par exemple, l’obligation d’un suivi médical si le handicap est susceptible d’évoluer, une limitation de la durée du permis, des restrictions pour raisons médicales (ex : trajets de jour, trajets dans un rayon de x km du lieu de résidence du titulaire, trajets à vitesse inférieure ou égale à … km/h, conduite sans passagers, conduite uniquement autorisée accompagnée). Si le handicap est stabilisé, la durée de validité du permis peut être permanente pour un permis non professionnel du groupe léger : B, BE, B1, A1, A2, A.
La commission peut aussi vous considérer inapte à la conduite, de façon temporaire ou définitive. Elle transmet ensuite son avis au préfet qui statue et vous notifie sa décision.
- En cas de doute sur votre situation (par exemple, dans le cas d’un handicap léger), vous pouvez consulter un médecin agréé par la préfecture pour avis (coût : 36 € non remboursé par la sécurité sociale) . Vous pouvez également contacter le correspondant "conduite et handicap" du bureau de l’éducation routière (BER) de votre département (rattaché à la préfecture ou à la Direction départementale du territoire selon les départements) qui pourra vous préciser si vous pouvez vous inscrire au permis de conduire avec ou sans contrôle médical par un médecin agréé, vous orienter vers une auto-école adaptée et vous indiquer les démarches à prévoir pour passer l'épreuve théorique (code) et l'épreuve pratique (conduite).
NB : Les voitures sans permis peuvent constituer une solution pour les personnes qui ne réussissent pas à obtenir ou à conserver leur permis de conduire. Cependant, l’avis de la commission médicale devra tout de même être obtenu si le handicap pose des difficultés . De plus, la possibilité de conduire sans permis varie selon l'âge du conducteur et le type de voiturette (des brevets ou attestations de sécurité routière sont souvent nécessaires, voire le permis AM ou B1).
- Conserver le permis de conduire
Plusieurs situations doivent amener à réévaluer sa capacité à conduire :
- Si une personne titulaire du permis de conduire se retrouve dans une situation de handicap et qu’elle ne se soumet pas à un examen spécialisé (soit d’un médecin agréé, soit de la commission médicale des permis de conduire), elle encourt une peine de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 € d’amende.
- Certaines affections médicales rendent obligatoires la consultation d'un médecin agréé. La liste de ces affections médicales est régulièrement actualisée par arrêté (le dernier arrêté date du 28 mars 2022). Faute de cet examen, un assureur peut refuser de couvrir en cas d’accident responsable.
- En parallèle, certains médicaments présentant un risque pour la conduite (pictogrammes « conduite dangereuse »sur les boites), l’avis de son médecin traitant ou de son pharmacien sur les conditions possibles de conduite en cas de prise doit être sollicité.
Références
Service Public. Passer le permis de conduire en situation de handicap. Fiche F2842, consultée le 12 octobre 2026. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2842
Arrêté du 20 avril 2012, article 2, II, A, 4°, version en vigueur consultée sur Légifrance le 17 septembre 2026.
Arrêté du 4 août 2014 modifiant l'arrêté du 20 avril 2012 fixant les conditions d'établissement, de délivrance et de validité du permis de conduire
Arrêté du 28 mars 2022 relatif aux affections médicales incompatibles ou compatibles sous conditions avec la conduite./p>
Mon Parcours Handicap. Permis de conduire, aménagements et financements pour les personnes handicapées. consultée le 12 octobre 2026. https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/actualite/permis-de-conduire-quels-amenagements-et-financements-pour-les-personnes-handicapees-en






