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Interview de Valérie Katkoff, cheffe de projet Prévention Occitadys

9 août 2022

Pouvez-vous vous présenter succinctement ?

Valérie Katkoff :

Enseignante dans le secondaire en Lettres classiques pendant 20 ans, enseignante spécialisée au CESDA 34,  orthophoniste depuis 2008 et titulaire du DU de neuropsychologie clinique de Montpellier, je suis cheffe de projet prévention pour l'association Occitadys depuis 3 ans.

En quoi consiste votre mission de prévention ?

Valérie Katkoff :

L’ARS Occitanie nous a mandatés pour écrire une politique de prévention des difficultés d’acquisition du langage oral et d'apprentissage du langage écrit et du calcul à l'échelle de la région. Une telle politique doit s'appuyer sur des données probantes à savoir des données tirées de la littérature scientifique sur les meilleures pratiques, sur les connaissances scientifiques à jour mais aussi tenir compte des savoirs expérientiels des professionnels et répondre aux besoins des personnes qui reçoivent les services.

Quelles sont donc les meilleurs pratiques du point de vue de la prévention ?

Valérie Katkoff :

En ce qui concerne l’acquisition du langage oral, les meilleures pratiques s’appuient sur des modèles multidimensionnels du développement. L’axe essentiel de cette approche, est la promotion d’interactions positives et adaptées aux besoins de développement langagier de l’enfant.

En ce qui concerne le langage écrit, si les dispositifs mis en place lors des années pré-élémentaires sont efficaces, leurs effets s’estompent s’ils ne sont pas suivis d’un enseignement et de programmes efficaces. Le moment clé pour agir est la 1ère année d’enseignement de la lecture. De nombreuses recherches ont montré l’efficacité d’un enseignement au sein de groupes de niveau temporaires à l’intérieur de la classe pour les élèves à risque. Le modèle de Réponse A l’Intervention (RAI) semble être une piste à explorer pour prévenir les difficultés d’apprentissage de la lecture.

Bien sûr, le repérage avant le CP des enfants à risque est important pour mettre en place un soutien pré­coce. Cela permet aux enfants d’éviter de rentrer dans une spirale d’échecs et de conserver la motiva­tion interne nécessaire aux apprentissages. Dès le plus jeune âge, il est essentiel de soutenir le développement du langage oral des enfants, surtout de ceux dont les antécédents familiaux indiquent une possibilité de risque d’échec en lecture. Ensuite, la qualité de l’enseignement de la lecture peut avoir un impact énorme sur ces enfants.

Quels programmes allez-vous donc développer pour soutenir le développement du langage oral en lien avec l’Education Nationale ?

Valérie Katkoff :

Pour ce qui est des difficultés d'acquisition du langage oral, notre comité d'experts a sélectionné 5 programmes. Nous les avons présentés à nos partenaires de l’Education nationale qui ont retenus deux d’entre eux : Papoto et SOLEM.  Papoto (PArentalité POur TOus) a pour objectif de favoriser la transmission des informations essentielles sur le développement de l'enfant et la parentalité aux familles, notamment les plus vulnérables au cours d’ateliers organisés pour la plupart dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville. Ces ateliers ont pour objectif de croiser les savoirs académiques issus de la littérature scientifique sur le développement de l'enfant avec les savoirs expérientiels des familles pour augmenter leurs connaissances globales mais aussi leurs compétences. Papoto sera développé à la rentrée prochaine dans les écoles volontaires du quartier d’Empalot à Toulouse.

SOLEM (Soutenir et Observer le Langage de l’Enfant en Maternelle) permet à l’enseignant préscolaire de déterminer les besoins de soutien de chaque enfant de sa classe et de pouvoir s’y ajuster, via en un cheminement dans un arbre décisionnel en lui proposant des situations d’observation authentiques qui s’intègrent dans les routines quotidiennes de la classe. Certaines écoles se sont portées volontaires dans les deux académies d’Occitanie pour tester cet outil.

Et pour le langage écrit ?

Valérie Katkoff :

Nous avons initié en partenariat avec la DEPP un groupe de travail sur l'utilisation préventive des évaluations nationales .Nos objectifs seront de former les enseignants à l'interprétation de ces évaluations pour identifier des profils d'enfants à risque, de déterminer en fonction d’un arbre décisionnel la conduite préventive à tenir, de proposer des interventions préventives à partir des outils que notre comité d’experts a retenus lors du workshop que nous avons organisé en mai dernier et auquel ont participé la DEPP et des membres du conseil scientifique de l’Éducation nationale.

Enfin, l’association Occitadys apportera un appui méthodologique à l’expérimentation d’un programme de réponse à l’intervention dans l’académie de Montpellier.

Souhaitez-vous ajouter des précisions ?

Valérie Katkoff :

Oui, une commission pilotée par E.Marizy, psychologue, existe au sein d’Occitadys pour la mise en place d’une trousse pédagogique contenant des outils matériels et pédagogiques à disposition des enseignants et à destination des enfants à besoins éducatifs spécifiques.

Par ailleurs, E. Marizy est aussi à l’initiative d’un projet d’adaptation de la méthode Barkley aux enseignants. Les objectifs de ce projet sont de réduire les comportements problèmes à l’école en quantité et en intensité et d’améliorer le bien être à l’école des enseignants et des élèves.


Pour aller plus loin :

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