En mathématiques, connaissances conceptuelles et procédurales sont intriquées, si bien que le calcul et l'application de principes mathématiques sont souvent liés et que la prévention de la difficulté scolaire gagne à porter également sur des aspects conceptuels, bien souvent à la racine d'obstacles. La résolution de problèmes à énoncés, dans laquelle des compétences langagières et mathématiques sont mobilisées, se prête à un travail de nature à favoriser le progrès dans la compréhension mathématique. En effet, la diversité des situations qui peuvent être élaborées, permet, avec progressivité, de placer l’élève face à des contextes d’apprentissage vecteurs de progrès. Dans ce cadre, le projet proposé vise à aider à surmonter les intuitions calculatoires trompeuses en résolution de problèmes. Il est orienté vers les élèves de primaire et fait appel à des énoncés adaptés aux différents classes des cycles 2 et 3. Il peut se déployer de manière individuelle ou collective. Le principe est de travailler des énoncés de problèmes qui (1) pour partie rencontrent les intuitions premières de l’élève, par exemple que l’addition correspond à la recherche du résultat d’un ajout (p. ex. « Léa à 5 billes, elle en gagne 8. Combien Lea a-t-elle de billes maintenant ? ») ; (2) pour partie sont contre-intuitives dans le sens où le scénario présenté dans le problème n'induit pas directement l’opération qui mène à la solution, par exemple un scénario de perte dans lequel une addition permet de trouver la quantité initiale (p. ex. « Léa avait des billes. Elle en a perdu 5. Il lui en reste 8. Combien Léa avait-elle de billes ? »). L’intervention auprès des élèves sera orientée par un paradigme de comparaison analogique dans lequel ils sont amenés à comparer explicitement une situation intuitive et une autre contre-intuitive, relatives à deux problèmes qui se résolvent par le même calcul, pour chercher ce qu’elles ont de semblable au-delà de leurs différences. Les élèves prendront appui sur des outils de modélisation mettant en évidence que des situations en apparence très différentes peuvent se représenter sous un format commun et se prêter à une même stratégie de résolution. À l’issue du projet, il est attendu que les élèves aient développé une plus grande autonomie conceptuelle, qui leur permette d'être moins influencés par des indices superficiels conduisant à des choix de résolutions inadéquats.
INTERVENANT: